4 étapes pour résoudre les problèmes émotionnels des enfants à l’école

4 étapes pour résoudre les problèmes émotionnels des enfants à l’école

4 étapes pour résoudre les problèmes émotionnels des enfants à l'école

La méthode TIPI est une méthode de régulation émotionnelle qui s’appuie sur l’accueil des sensations corporelles. En tant qu’enseignant (et personne en contact avec des enfants), il est possible de s’en inspirer pour accompagner les enfants dans la résolution de problème émotionnel à l’école.

Cette approche repose sur l’idée selon laquelle il est utile de se centrer sur les sensations physiques avant de chercher à rediriger le comportement de l’enfant ou de trouver une solution au problème qu’il rencontre.

Je vous propose une approche aux problèmes émotionnels des enfants à l’école en 4 étapes :

1.Accueillir la crise de l’enfant avec bienveillance sans s’énerver, sans la prendre ni comme un affront, ni comme un “caprice

Cette première étape implique de ne pas utiliser de questions qui commencent par “pourquoi” (pourquoi tu pleures ? pourquoi tu t’énerves ?).  Il s’agit de ne pas vouloir “intellectualiser” à tout prix ce qui se passe pour l’enfant, mais de plutôt lui demander comment ça fait dans son corps, où ça se passe, s’il y a des choses désagréables qui lui font mal.

La proximité physique est nécessaire et la bienveillance éprouvée à l’égard de l’enfant doit se refléter dans une posture physique,une communication non verbale (yeux au niveau de ceux de l’enfant, sourire…).

 

2.Demander à l’enfant de montrer où ça fait mal et comment ça fait dans le corps

Cette deuxième étape peut passer par des questions du type :

  • Peux-tu me dire ce que ça fait dans ton corps ?
  • Est-ce que tu as mal à la tête/ au ventre ?
  • Est-ce que tu as du mal à respirer ? est-ce que ta gorge est serrée ?
  • Comment ça fait dans ton ventre ?

Il est utile de garder une proximité physique, éventuellement via un contact si l’enfant l’accepte (une main sur l’épaule par exemple).

 

3.A plusieurs intervalles ultérieurs, demander à l’enfant comment les sensations et la douleur évoluent

Evaluer l’évolution de ses sensations corporelles dans le temps permet à l’enfant de découvrir que ces sensations sont normales, acceptables (il a le droit de pleurer, d’avoir la gorge nouée…) et qu’il lui est possible de les apprivoiser (comme il apprivoiserait un animal sauvage) sans que ces sensations ne représentent un danger.

Par ailleurs, il découvrira que ces sensations finissent par passer.

Ces évaluations peuvent se passer dans un laps de temps plus ou moins long selon la situation (par exemple, toutes les 10 minutes ou toutes les heures) jusqu’à ce que l’enfant se déclare serein et bien.

 

4.Plus tard, chercher des solutions concrètes 

Une fois que l’enfant est totalement revenu au calme, lors d’un temps dédié et seul à seul (à la récréation par exemple), il est possible d’envisager une recherche de solution à son problème émotionnel.

C’est seulement parce que ses sensations et émotions ont été comprises, accueillies et verbalisées, qu’il devient possible d’explorer des solutions logiques.

Cette dernière étape nécessite de la part de l’adulte une attitude empathique pour tenter de saisir ce qui se passe pour l’enfant au-delà de ce qu’il donne à voir (pleurs, crise, retrait, violence…).

L’adulte n’étant pas extralucide, cette attitude passe par la formulation d’hypothèses sur ce qui se motive de l’intérieur le comportement de l’enfant. Ces hypothèses peuvent être soumises à l’enfant sous forme de questions ou suggestions (ex : “Tu as peur que maman ne revienne pas, c’est ça ?”, “Tu voudrais accrocher ton sac toute seule au porte manteau ?”, “Tu as peur de ne pas réussir à… et tu préfères ne pas essayer ?”…).

Des propositions pour surmonter le problème pourront lui être faites en tâtonnant (propositions qui tomberont peut-être à côté et début et que l’enfant refusera). Il est également possible de solliciter l’enfant pour qu’il trouve lui même des solutions.

 

Cette approche est efficace parce qu’elle ne cherche pas à résoudre le problème “à chaud”, mais fait passer la validation de ce que vit l’enfant dans son corps en priorité : la connexion avant la solution !

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