Les devoirs faits dans la douleur ne conduisent qu’à des inconvénients : comment rendre les devoirs ludiques et efficaces ?

Les devoirs faits dans la douleur ne conduisent qu’à des inconvénients.

rendre devoirs amusants

Aletha Solter, spécialiste de la parentalité consciente et ludique, nous rappelle que les devoirs n’ont pas besoin d’être fait dans une ambiance sérieuse et encore moins dans la douleur pour être efficaces. Elle nous invite à saisir l’opportunité des devoirs pour nous amuser avec les enfants.  Elle insiste sur le fait que le travail pénible ne forme pas de bonnes habitudes, que la souffrance ne fait pas apprendre.

Au contraire, tous les humains naissent avec une forte motivation à apprendre, à développer des compétences et à progresser. Si le processus d’apprentissage était par nature fastidieux et désagréable, aucun bébé n’apprendrait jamais à marcher ni à parler. La joie est (et doit rester) l’émotion de l’apprentissage.

Les devoirs faits dans la douleur ne conduisent qu’à des inconvénients à court et même long terme :

  • le ressentiment, la colère, la frustration ou l’ennui interfèrent avec le processus d’apprentissage,
  • le système punition/ récompense érode la motivation interne qui est pourtant la source de tout élan créatif,
  • les résultats deviennent plus importants que les connaissances et les processus (entraînant triche et bachotage plutôt que réflexion et effort de compréhension),
  • la coercition, les punitions et les menaces dégradent la relation avec l’enfant et grignotent la confiance accordée par l’enfant à ses parents,
  • l’enfant risque de développer un sens de l’effort dénaturé dans le sens où il se persuadera qu’il faut souffrir pour apprendre et bien se comporter, quitte à se maltraiter lui-même (ex : prendre des substances toxiques pour performer) et les autres (ex : mépris pour ceux qui ne comprennent pas).

Rappelez-vous que les enfants apprennent mieux sous forme de jeu ! Si vous considérez les devoirs comme une merveilleuse opportunité de vous amuser avec eux et de vous connecter, vous-même aussi bien que vos enfants y prendrez plaisir, et ils apprendront plus rapidement et plus efficacement. – Aletha Solter

Comment rendre les devoirs amusants ?

Aletha Solter nous invite à utiliser des approches qui rendront les devoirs ludiques et efficaces à travers plusieurs approches ludiques dont voici quelques exemples :

  • Trouver une relation entre le problème ou la leçon et ce qui intéresse réellement l’enfant.

Par exemple, l’énoncé d’un problème de maths peut être modifié en y introduisant des jouets ou des objets à la place des unités de mesure proposées initialement, comme des dinosaures en plastique, des petites autos ou des biscuits.

Il est également possible d’introduire ses objets réellement pour que l’enfant passe par la manipulation.

Les bouliers peuvent également être utiles avec les jeunes enfants dans l’apprentissage du système décimal.

 

  • Rendre la lecture vivante à travers des dialogues ou des représentations jouées

Il est possible de lire en alternance les répliques des différents personnages d’un roman. Cela peut être fait en prenant des voix drôles (grosse voix, voix fluette, voix aïgue, accent étranger…).

Après la lecture d’un passage d’un livre, il est possible de vérifier la compréhension en jouant l’histoire au moyen de déguisements et d’accessoires en lien avec l’histoire.

 

  • Permettre l’expression émotionnelle pour libérer la tension, le stress ou le découragement

Aletha Solter propose par exemple d’utiliser une peluche pour jouer le rôle d’un enfant découragé qui comprendrait les exercices de travers, qui tiendrait le cahier des devoirs à l’envers, qui ferait des erreurs idiotes, qui oublierait constamment la bonne réponse, etc.

L’idée est de mettre en scène les émotions ressenties par l’enfant sans se moquer mais pour valider ce qu’il ressent et créer un pont (la peluche peut trépigner, se plaindre, dire qu’il a envie de jeter ses cahiers…).

Le but est d’encourager l’enfant à rire et à se détendre et à éviter l’escalade de violence, de jeu de pouvoir et de blocage.

Faire des pauses, boire de l’eau fraîche, permettre à l’enfant de bouger (sauter, courir, malaxer une balle anti stress…), jouer à une bataille de pouce ou de polochons (en laissant l’enfant gagner bien sûr !) sont d’autres techniques utiles pour la libération émotionnelle.

 

  • Créer des jeux en fonction des notions à réviser

C’est une technique que j’utilise beaucoup. Plutôt que de demander à ma fille de simplement réciter à l’oral ses tables de multiplication, j’ai créé des cocottes pour rendre le moment ludique et agréable.

cocotte tables de mutliplication

J’ai créé des dés d’additions ou de conjugaison pour introduire une notion de jeu et de hasard dans les récitations des leçons.

Les dés de conjugaison jeu apprendre conjugaison

Ce type de jeux sont efficaces pour plusieurs raisons : ils sont créés de manière ad hoc en fonction des notions étudiées et des besoins de l’enfant, ils permettent un lien parent/ enfant et changent des sempiternelles feuilles d’exercices à noircir. Ils peuvent prendre toutes sortes de formes : memory, cartes, jeu des 7 familles, chanson, Dobble… On peut également imaginer des jeux de rapidité (ex : se chronométrer et essayer de battre son propre record lors de la récitation des tables de multiplication).

Des jeux du commerce peuvent également aider dans les révisions et les apprentissages (les jeux Tam Tam en lecture par exemple).

 

  • Varier les supports

Dans la même idée que les jeux, le fait de varier les lieux et les supports de révisions permet de casser la routine et de rendre les devoirs plus agréables.

devoirs conjugaison plaisir

A la maison, un grand classique est l’écriture sur les vitres de la baie vitrée avec des feutres à l’eau et à la craie (facilement effaçables).

Les devoirs de lecture sont souvent faits allongé dans le lit et les poésies apprises en courant autour de la table (chaque tour correspondant à une ligne).

 

L’avantage de cette approche est que la seule limite pour rendre les devoirs amusants est celle de l’imagination (un autre exemple : ma fille aime beaucoup que je fasse le buzzer sur sa tête pour signifier qu’une réponse de sa part est correcte) ! Par ailleurs, amusant ou pas, rappelons que les devoirs écrits sont interdits en France avant le collège.

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Source : Développer le lien parent-enfant par le jeu de Aletha Solter (éditions Jouvence). Disponible en médiathèque, en librairie ou sur internet.

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