PMI (Plus, Moins, Intéressant) : un outil de pensée critique et de réflexion

PMI (Plus, Moins, Intéressant) : un outil de pensée critique et de réflexion

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Edward de Bono estime que réfléchir, ça s’apprend. Il estime que le premier outil de réflexion concerne l’élargissement du champ de perception. Il regrette que, souvent, les étudiants (et les gens de manière générale) se contentent de défendre une opinion forgée d’avance plutôt qu’explorer un sujet. 

De Bono a inventé un outil qu’il appelle PMI : c’est un outil de réflexion puissant pour diriger l’attention et élargir la perception d’un sujet.

P = “Plus” (les points positifs, les bons aspects)

M – “Moins” (les points négatifs)

I = “Intéressant” (les points dignes d’intérêt)

De Bono l’utilise avec des étudiants auxquels il propose de se mettre en groupe de cinq qui va débattre pendant 2 à 3 minutes des points positifs, négatifs puis intéressants d’un sujet donné. Le procédé est facile à suivre en soi mais ce qui est difficile est d’arriver à sortir de sa conception première, des opinions et croyances déjà forgées. Pour Edward de Bono, c’est la volonté de regarder dans plusieurs directions qui est importante, sans y attacher une valeur émotionnelle/ affective. Au lieu d’utiliser l’intelligence pour soutenir un parti pris quelconque, il s’agit de s’en servir pour explorer une proposition ou une question. Par exemple, un argument peut être à la fois positif et négatif pour une même personne ou un argument peut être positif pour une personne et négatif pour une autre sans que cela mène à des luttes pour savoir qui a tort ou qui a raison.

L’outil PIM consiste à regarder dans une direction puis dans l’autre (mais il ne s’agit pas d’évaluer des arguments qui se présentent et les étiqueter “Plus”, “Moins”, “Intéressant”). Faire un PMI ne consiste pas à faire des points pour et des points contre car la rubrique Intéressant permet d’envisager les choses sous un angle qui n’est pas forcément ni positif ni négatif.

L’élément “Intéressant” a plusieurs fonctions :

  • rassembler les arguments qui ne sont ni positifs ni négatifs
  • explorer un sujet en dehors du cadre formel des jugements de valeurs (bien/mal, vrai/ faux, correct/ incorrect, raison/ tort)
  • voir jusqu’où une idée peut conduire (en répondant à la suggestion ” Il serait intéressant de voir si…”)
  • générer de nouvelles idées à partir de l’idée de base
  • apprendre à réagir en fonction de l’intérêt et non des émotions ressenties (“je n’aime pas votre idée mais en voici les points intéressants”).

C’est à la fin de cette exploration que les émotions et les notions de valeurs peuvent intervenir dans le choix de la décision.  Cette temporalité est importante : les émotions intervenant en dernier, elles n’empêchent pas l’exploration.

Edward de Bono insiste sur le fait que l’outil PMI est le plus utile quand nous n’avons aucun doute sur une situation ou une idée, quand nous avons immédiatement fait notre choix. Par exemple, il est possible de faire un PMI ou de solliciter un PMI en cas de désaccord. Cela permet un affrontement moins brutal et peut ouvrir vers des perspectives plus créatives, plus souples qui prennent en compte des opinions élargies.

De Bono nous invite même à nous entraîner à faire des PMI sur tous types de sujets pour apprendre à bien réfléchir (par exemple : “Chacun devrait porter un badge spécifique en fonction de son humeur.”)

Le PMI est un état d’esprit qui nous oblige à examiner systématiquement tous les aspects d’une situation, alors que normalement on estimerait cela inutile. – Edward de Bono

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Source : Réfléchir vite et bien : organiser sa pensée pour la rendre plus performante de Edward de Bono (éditions Eyrolles)

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