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Pleine conscience et apprentissage font bon ménage : 4 propositions au fil de la journée en classe

Pleine conscience et apprentissage font bon ménage : 4 propositions au fil de la journée en classe

Jeanne Siaud-Facchin est psychologue clinicienne et auteure de plusieurs ouvrages sur l’apprentissage et la pleine conscience.

Elle propose plusieurs pratiques relevant de la pleine conscience facilement applicables en classe. Aucune exigence d’efficacité n’est à atteindre, ce qui compte est ce que les enfants et les adolescents vivent. En classe, ces activités peuvent être réalisées sur chaise, mais l’idéal est de s’asseoir par terre sur des coussins ou des tapis. Une disposition en cercle où chacun peut se voir transforme les liens et renforce la cohésion du groupe classe.

Proposer dans les classes des moments de pause, le matin pour commencer la journée, après la récréation pour laisser se décanter toute l’agitation, avant un cours ou un contrôle, après un conflit entre plusieurs élèves (ou entre un élève et un enseignant), voire pour remplacer les heures de colle comme dans certains lycées américains, donne aux élèves de tout âge la possibilité d’accéder à une réserve de calme, un espace de sécurité où ils pourront aller puiser de multiples ressources positives (esprit clair, stress apaisé, préoccupations mises à distance, confiance en soi…).

Voici une gamme d’activités au fil de la journée :

  • rentrer dans la classe doucement, en ralentissant l’allure et en avançant à petits pas tout en percevant chaque mouvement du corps qui se déplace;
  • s’asseoir en décomposant chaque étape puis sentir tous les points de contact du corps avec la chaise;
  • poser les mains sur le bureau, comme pour l’attraper, le serrer fort, toute l’attention centrée sur les sensations dans les mains : crispées, puis relâchées, une fois, deux fois, trois fois; ressentir et juste ressentir;
  • la respiration (“la reine de la pleine conscience” dixit Jeanne Siaud-Facchin) :
    • où est ma respiration, celle qui me fait vivre et à laquelle je prêt peu attention ?
    • est-ce que je la sens plutôt dans mon ventre qui se gonfle doucement quand l’air entre et se dégonfle tranquillement quand l’air ressort ?
    • est-ce que je peux mieux la sentir avec ma main sur mon ventre et la percevoir ma main bouger au gré de mon souffle ?
    • ou bien dans ma poitrine, qui elle aussi se soulève puis se rétracte chaque fois que je respire ?
    • et si c’était dans mon nez, ou plus exactement dans mes narines que je peux sentir l’air qui passe, qui me chatouille, qui est un peu plus frais au moment où j’inspire et un peu plus chaud au moment où j’expire ?

Avec le souffle, on peut inventer de nombreux exercices. L’essentiel est de donner des images qui permettent au enfants de mobiliser leur attention sur la sensation de leur respiration. Il ne s’agit pas de penser à son souffle mais de le ressentir :

  • la bougie sur laquelle on souffle le plus lentement possible pour ne pas l’éteindre;
  • les vagues qui vont et viennent dans la mer au rythme des inspirations et expirations;
  • le ballon qu’on gonfle puis dégonfle…

Jeanne Siaud-Facchin propose de nombreuses autres activités de pleine conscience à destination des enfants et des adolescents dans son livre Tout est là, juste là (éditions Odile Jacob). Elle y livre un programme de pleine conscience applicable en classe clé en main à partir de 8 ans.

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Source : Cahiers pédagogiques (février 2016) n°527

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