Travail en groupe et coopération : des clés pour l’organiser en classe

Travail en groupe et coopération : des clés pour l’organiser en classe

Sylvain Connac, ancien professeur des écoles et  enseignant-chercheur en sciences de l’éducation, a consacré une grande partie de son travail au travail en groupe et à la pédagogie coopérative.

Dans son livre La coopération entre élèves, il présente le travail en groupe comme très opportun pour les situations-problèmes, la phase didactique de confrontation des représentations initiales des élèves (conflit sociocognitif) avant l’étape d’institutionnalisation, de formalisation voire de trace écrite.

Il propose plusieurs conditions qui permettent de réduire les écueils connus au travail en groupe en classe, notamment concernant la constitution des groupes (ou des équipes).

Un nombre de membres idéal

Un groupe gagne à être composé de plus de trois membres et de moins de six membres. Plus le groupe est grand, plus les membres sont insatisfaits en raison des difficultés de communication (les participants ont moins de chances d’exprimer de manière égalitaire leurs points de vue). Par ailleurs, plus le groupe comporte de membres, plus les risques augmentent que certains se mettent en retrait.

À l’inverse, un binôme ou un trinôme risque de susciter des échanges plus pauvres.

Le nombre idéal de membres d’un groupe pour un travail en coopération en classe semble être entre quatre et six.

Constitution des groupes de travail

Les enseignants qui souhaitent mettre en place des groupes de travail en classe cherchent en général à associer des élèves assez ressemblants et en même temps assez différents pour qu’ils aient des choses à s’apprendre mutuellement.

Mais les règles pratiques de constitution des groupes de travail ne sont pas faciles à déterminer pour une coopération efficace.

Sylvain Connac propose quelques clés pour organiser le travail de groupe sous peine de finir par penser que le travail de groupe est impossible. Ces pistes sont à adopter en fonction des objectifs poursuivis par chaque enseignant.

Constituer des groupes de besoins

Les groupes de besoins tendent vers une certaine homogénéité. La composition peut se faire à partir des évaluations formatives ou diagnostiques menées par l’enseignant.

Si l’objectif est plutôt d’organiser des échanges, de susciter de la confrontation, l’enseignant les orientera vers davantage d’hétérogénéité.

Laisser les élèves s’associer par affinités

Le risque de conflit est faible dans ce cas-là et les groupes par affinités peuvent être des leviers d’apprentissage à travers le plaisir et la joie.

Mais plusieurs écueils risquent d’apparaître :  les élèves jouent et chahutent au lieu de travailler et certains élèves peuvent se retrouver isolés (ou associés de manière contrainte avec des camarades également seuls) minant la motivation.

Regrouper les élèves en fonction de critères précis (mixité, homogénéité ou hétérogénéité dans les niveaux, dans les âges)

Avec les groupes de critères, l’orientation vers l’activité scolaire est améliorée mais les risques de désaccord et de protestations existent.

La Pédagogie institutionnelle a introduit à cet effet les pratiques de constitution de groupes ou d’équipes :

  • Laisser le sort agir

Par exemple, avec l’aide d’un jeu de cartes, où les élèves en piochent chacun une (ou se la voient distribuer aléatoirement) pour qu’ensuite ils retrouvent leurs coéquipiers ou leur binôme : un valet de pique se rapproche du valet de trèfle, par exemple.

Cette option semble satisfaire les élèves, parce qu’ils ne sont pas attachés à un groupe sur un temps long et qu’ils ne peuvent attribuer cette association au hasard.

  • Utiliser un matériel spécifique pour constituer des groupes aléatoirement, comme « l’horloge de la coopération » (présentée dans le guide de l’enseignant de l’agenda coopératif de l’OCCE)

Chaque élève prend rendez-vous avec d’autres élèves de la classe au moyen de l’horloge des rendez-vous.

Lire cet article pour découvrir ce principe sur le site OCCE33

Il suffit ensuite à l’enseignant d’énoncer : « Retrouvez-vous auprès de votre rendez-vous de telle ou telle heure. »

  • Le travail en groupe peut aussi être présenté tel un choix, égal à celui de travailler seul.

Le contrat dans ce cas est de laisser le choix aux élèves de travailler seuls ou en groupe. Quoiqu’il en soit, les élèves doivent réaliser le travail de manière sérieuse et respectueuse. Si un élève qui a choisi de travailler seul demande de l’aide, l’enseignant lui rappellera son choix. Cette manière de procéder peut conduire les élèves à reconnaître les avantages du travail avec d’autres.

La coopération est conçue comme une organisation améliorant les apprentissages. Mais elle ne peut pas être imposée aux élèves qui ne partagent pas cet avis. C’est la frustration de ne pas pouvoir profiter des bienfaits des interrelations qui peut le mieux les conduire à accepter l’agir collaboratif. – Sylvain Connac

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Source : La coopération entre élèves de Sylvain Connac (éditionsRéseau Canopé)

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