Les croyances dans le processus d’apprentissage : 3 manières de changer les croyances limitantes des élèves

Les croyances dans le processus d’apprentissage : 3 manières de changer les croyances limitantes des élèves

croyances dans le processus d'apprentissage

Dans son livre Les 7 profils d’apprentissage pour former, enseigner et apprendre, Jean-François Michel explique que les croyances des élèves influencent leur manière de percevoir les apprentissages et, par ricochet, leurs performances. Ainsi, si un élève se croit nul, sa perception de l’école sera mauvaise et stressante. Or la plupart des croyances peuvent se changer facilement. La seule condition est que ce soit la personne qui change ses propres croyances si elle le décide.

Jean-François Michel propose donc 3 manières d’amener un élève à s’interroger et à changer ses croyances limitantes. C’est le changement de situation qui amène une situation nouvelle où le regard et la perception sont forcément différens.

1.Ne pas savoir que c’est difficile

Jean-François Michel écrit qu’une des façons de changer de cadre de référence est de mettre en situation où l’on peut faire croire que c’est facile (ou, en tout cas, où la notion de difficulté est absente). Il raconte une histoire vraie, celle de George Dantzig, mathématicien américain pour illustrer ses propos.

Alors qu’il était encore étudiant, George Dantzig arriva un jour en retard à l’un de ses cours de statistiques. Deux problèmes étaient écrits au tableau et, gêné par son retard, George Dantzig n’a pas osé demandé ce que les étudiants étaient supposés faire avec ces problèmes. Il a cru qu’il s’agissait de devoirs à faire à la maison et, au bout de quelques jours de réflexion, a rendu les solutions à son professeur. Or il se trouvait que ces deux problèmes étaient des problèmes de statistiques bien connus réputés impossibles à résoudre. George Dantzig est devenu un mathématicien célèbre pour avoir l’algorithme du simplexe en optimisation linéaire.

A la lumière de ces éléments, Jean-François Michel conseille de découper des problèmes ou notions à voir en petits morceaux et d’y passer le temps nécessaire. Les exemples concrets, les anecdotes (comme l’histoire de Dantzig) et les graphiques permettent de briser les limites des élèves et de leur donner des représentations positives.

2.Il suffit d’une fois

Une autre manière de changer une croyance consiste à se fonder sur des expériences vécues par soi-même ou par d’autres. Ces expériences sont appelées des références.

Là encore, Jean-François Michel illustre ses propos par une anecdote : il fait référence au film Le Cercle des poètes disparus. Todd Anderson est un jeune garçon timide plein de complexes. Dans une scène, son professeur, John Keating, lui réclame de lire son poème personnel : le jeune garçon est pétrifié de peur parce qu’il pense qu’il est nul et pas créatif. Grâce aux encouragements de son professeur, Todd Anderson parvient à bluffer toute la classe avec un poème de son invention. Le jeune Todd vit alors une expérience (une référence) qui lui prouve qu’il est capable de créativité, de dire et d’écrire de belles choses.  Cela contribue à affaiblir sa croyance en son incompétence.

Ces références peuvent également être vécues par d’autres. Par exemple, quand Sergueï Bubka a passé la barre des 6 mètres pour la première fois, il s’est donné une nouvelle référence mais il en a également donné une aux autres perchistes.

3.Donner une autre perception et montrer les contradictions

Si une croyance influence notre perception, le contraire est aussi vrai, à savoir que le changement de perception influence notre croyance. Donc, pour changer une croyance limitante chez les élèves, on peut changer sa perception des choses. Jean-François Michel prévient que deux conditions sont à respecter pour que ce processus aboutisse :

  • montrer l’absurdité de la croyance limitante,
  • remplacer la croyance limitante par une croyance positive.

Poser des questions ou raconter une histoire sont des outils utiles à cette fin. Les questions doivent être orientées de telle sorte qu’elles puissent montrer la ou les contradictions de la croyance limitante. Il est également possible d’avoir recours au rire par l’absurde (en veillant à ne pas rire des élèves ou se moquer d’eux mais à rire avec eux).

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Source : Les 7 profils d’apprentissage pour former, enseigner et apprendre de Jean-François Michel (éditions Eyrolles). Disponible en médiathèque, en librairie ou sur internet.

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