La taxonomie de Bloom pour éviter l’illusion de maîtrise chez les étudiants et évaluer les niveaux de maîtrise des élèves

La taxonomie de Bloom pour éviter l’illusion de maîtrise chez les étudiants et évaluer les niveaux de maîtrise des élèves

La taxonomie de Bloom niveaux de maitrise

La taxonomie de Bloom permet la classification des niveaux d’acquisition des connaissances. Elle permet d’identifier l’activité intellectuelle sollicitée chez un apprenant quand on l’évalue sur une compétence.

La taxonomie classe l’acte mental en plusieurs niveaux de complexité, du plus simple au plus complexe sur des critères génériques (applicables à n’importe quelle discipline et n’importe quel niveau des apprenants).

En 2002, deux professeurs américains, Anderson et Krathwohl, ont proposé une révision de la taxonomie de Bloom pour intégrer les avancées de la psychologie et des sciences cognitives.

La nouvelle taxonomie de Bloom est composée de six niveaux :

  1. se rappeler
  2. comprendre
  3. appliquer
  4. analyser
  5.  évaluer
  6.  créer

1.Se rappeler

L’apprenant est capable de restituer ce qu’il a appris précédemment. Cette activation de la mémoire à long terme correspond à des tâches du type réciter, décrire, définir, nommer, sélectionner, épeler, choisir une réponse correcte parmi plusieurs choix…

2.Comprendre

L’apprenant est capable de tisser des liens explicites entre ce qu’il a appris et un nouvel apprentissage ou un exercice déjà pratiqué.

Quand ce niveau est maîtrisé, l’apprenant est capable de résumer avec ses propres mots, de classer des éléments dans des catégories, de démontrer, d’expliquer, de préciser…

3.Appliquer

L’apprenant utilise ses connaissances dans le cadre d’un exercice pratique. Il peut par exemple trouver la longueur de l’hypoténuse d’un triangle rectangle en utilisant le théorème de Pythagore.

La maîtrise de ce niveau de la taxonomie implique de savoir résoudre des problèmes, calculer, mettre en oeuvre des théories, refaire des expériences en autonomie…

4.Analyser

L’apprenant est capable de décomposer un ensemble de connaissances et de tisser des liens entre des éléments de connaissance de natures différentes.

Les compétences maîtrisées à ce niveau sont la comparaison, l’inférence, l’extraction d’informations clés d’un texte, la discrimination ou encore le choix d’éléments pertinents en vue de répondre à un problème.

5.Evaluer

L’apprenant est capable de prendre de la distance par rapport aux informations fournies en exerçant son jugement critique. Il est capable d’utiliser des critères pour fonder un jugement ou une estimation. Il sait construire un raisonnement et tirer des conclusions.

Ce niveau maîtrisé permet de répondre aux demandes du type classer des arguments du plus ou moins convaincants, de mettre en rapport des informations pour en tirer une conclusion la plus objective possible, de justifier, de défendre une thèse/ une idée, d’organiser des éléments en fonction d’une logique argumentée, de critiquer…

6.Créer

L’apprenant est capable d’élaborer un projet, d’imaginer une solution, un objet ou une oeuvre. Il est capable de concevoir un protocole rigoureux pour résoudre un problème complexe.

Ce niveau de la taxonomie de Bloom repose sur des compétences de planification, d’élaboration, d’invention, d’imagination, de conception et de réalisation, d’expérimentation et de correction.

Utiliser la taxonomie de Bloom en classe et lors des révisions pour des apprentissages plus profonds

La taxonomie est une organisation hiérarchique des actes mentaux des élèves. Elle peut représenter une aide précieuse pour les enseignants et formateurs pour situer le niveau de compréhension et de maîtrise de leurs apprenants.

Il est possible de traduire le contenu des cours et leçons en réponses corrigées aux tests correspondant aux différents niveaux de la taxonomie de Bloom. Lors d’un test proposé aux élèves, il est possible de proposer des questions dont les réponses dévoilent la maîtrise des différents niveaux de taxonomie :

  • une réponse qui correspond à un apprentissage qui se limite aux connaissances (par exemple sous forme de QCM)
  • une réponse plus fouillée qui montre une compréhension
  • une réponse plus complexe qui révèle les capacités d’analyse
  • et ainsi de suite…

Les élèves pourraient choisir à quelle question ils veulent répondre et la correction permettra à l’enseignant de déterminer le niveau de maîtrise de chaque élève en fonction de la taxonomie de Bloom.

Une autre manière d’utiliser la taxonomie seraient de distribuer aux élèves, suite à une évaluation commune,  des réponses corrigées types où chaque type de réponse correspond à un niveau de la taxonomie. Chaque élève pourra s’auto évaluer en fonction de cette grille pour déterminer son niveau de maîtrise en situant ses propres réponses au sein de la taxonomie. Les élèves pourront ensuite déterminer ce qui leur manque pour passer au niveau supérieur et établir un plan pour progresser dans les niveaux d’apprentissage.

L’utilisation de la taxonomie de Bloom par les élèves eux-mêmes permet d’éviter le phénomène d’ “illusion de maîtrise” qui résulte de la tendance à confondre le fait de connaître un texte/ une leçon et celui d’en maîtriser le contenu. Les élèves qui travaillent en relisant encore et toujours leurs cours peuvent finir par confondre leur connaissance du texte, acquise par lecture répétée, avec une connaissance réelle et disponible du sujet traité par le texte.

Une manière de se préserver de cette manière d’être “incompétent.e à son insu” consiste à se doter d’indicateurs objectifs et extérieurs à nous-mêmes. Non seulement il est utile que les élèves apprennent à s’auto évaluer avec des instruments de mesure fiable (comme le propose la taxonomie de Bloom) mais il est également indispensable qu’ils prennent l’habitude de les consulter. Ces bonnes habitudes permettent de prendre des décisions efficaces quant aux points sur lesquels concentrer les efforts et les points d’appui pour progresser.

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Sources :

Apprendre avec les neurosciences : rien ne se joue avant 6 ans (éditions Chronique Sociale)

Mets-toi ça dans la tête ! : les stratégies d’apprentissage à la lumière des sciences cognitives (éditions Markus haller)

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