Comment étudier des œuvres d’art avec les enfants et adolescents pour éduquer à la créativité ?

Comment étudier des œuvres d’art avec les enfants et adolescents pour éduquer à la créativité ?

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Philippe Brasseur est consultant en créativité et anime des ateliers de créativité auprès de jeunes et d’adultes. Il accorde beaucoup d’importance à l’étude des œuvres d’art dans l’éducation créative des enfants et adolescents. Selon lui, les oeuvres d’art sont :

  • un miroir : les enfants peuvent s’y reconnaître et s’y voir, “valider” leur vécu, leur ressenti;
  • une fenêtre : l’oeuvre ouvre un champ des possibles jusque là inexploré, vers ce que les enfants pourraient ou aimeraient être;
  • un porte voix : l’oeuvre donne forme à l’indicible (à l’école, les mots et la forme verbale priment et les œuvres d’art peuvent être des médiateurs efficaces pour certains enfants timides, agressifs, trop perfectionnistes ou autre).

Philippe Brasseur plaide pour une “grammaire du regard créatif“. En effet, selon lui, les humains ne peuvent appréhender le complexe qu’avec nuance et cette capacité à nuancer peut s’apprendre à travers l’étude d’oeuvres d’art au-delà du “j’aime/ j’aime pas”. Le regard s’approfondit et devient créatif seulement quand on lui laisse du temps et qu’on le guide sans le contraindre ou lui imposer un cadre de pensée trop étroit.

Cette grammaire du regard est différente mais complémentaire à une étude “cognitive” et extérieure des œuvres (étudier l’époque, l’artiste, la technique choisie, le sens de l’oeuvre…).

La grammaire du regard créatif (ce que l’oeuvre me dit à moi !) telle que Brasseur l’envisage se fait en trois temps :

  • ce que je vois (objectivité et explicite)

Ce que je vois correspond à ce qu’une caméra enregistrerait : les éléments d’une oeuvre (objets, personnages, lieux…); les formes; les couleurs; le nombre d’éléments…

  • ce que je pense (ce que je comprends, ce que j’imagine au sujet de l’oeuvre et de l’artiste)

Ce que je pense peut passer par des questions qui ouvre des perspectives telles que “Imagine que tu es l’artiste qui a créé cette oeuvre : pourquoi as-tu fait ces choix-là ?”.

Le regard créatif part toujours du connu pour aller vers l’inconnu. Il est inutile de brusquer les enfants pour qu’ils soient plus créatifs mais on peut les inviter à s’appuyer la description du premier temps afin de faire des connexions de plus en plus poussées, inattendues et personnelles.

  • ce que je ressens (émotions et appréciation)

Ce troisième temps repose sur des questions ouvertes. On ne demande pas si les enfants aiment ou n’aiment pas mais plutôt ce qu’ils aiment et ce qu’ils n’aiment pas, comment ils se sentent, ce qu’ils se disent quand ils regardent l’oeuvre.

 

Pour permettre ce travail sur le regard créatif,  Philippe Brasseur a rédigé un livre à destination des enfants et des adolescents : Eurêk’art (éditions Palette). Voir ma chronique ici.

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