Comprendre la dyspraxie chez les enfants et ses conséquences au quotidien et à l’école + des pistes pour les accompagner dans leur scolarité

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Comprendre la dyspraxie chez les enfants et ses conséquences au quotidien et à l’école + des pistes pour les accompagner dans leur scolarité

Le Dr Alain Pouhet est est médecin de rééducation fonctionnelle au CHU de Poitiers (Médecine Physique et Réadaptation). Il a créé un site consacré aux troubles de l’apprentissage et il est auteur de plusieurs ouvrages sur les troubles dys chez les enfants.

Dans cette vidéo (11 min), il présente les caractéristiques des enfants dyspraxiques et propose des solutions pour les accompagner dans leurs apprentissages.

Une définition de la dyspraxie

L’outil qui ne va pas chez les dyspraxiques est l’outil de planification des gestes, de l’espace, de l’oculo-motricité. Quand on nait dys, on reste dys toute sa vie car il s’agit d’un dysfonctionnement cérébral.

Le cerveau d’un enfant dyspraxique n’est pas compétent dans le domaine du traitement de l’information qui amène à avoir des gestes efficaces et automatisés.

Gestes des mains

Il y a plusieurs dyspraxies de l’enfant : dys- pour difficile et -praxie pour les gestes dirigés vers des buts. Quand on a envie d’interagir avec l’environnement, on fait des gestes intentionnels (ex : prendre un verre). La praxie est une fonction cognitive qui consiste à programmer des gestes dans la tête destinés à être les plus efficaces possibles.

L’enfant qui présente une dyspraxie n’arrive pas à élaborer les gestes dans sa tête, à les planifier dans le temps et dans l’espace pour qu’ils deviennent efficaces. L’enfant dyspraxique n’arrive pas à automatiser des gestes qui paraissent anodins (ex : ouvrir un pot de yaourt, boutonner des boutons, faire des lacets, colorier, couper avec des ciseaux, tracer à la règle, utiliser un compas…).

Le geste d’écriture est très difficile pour les enfants dyspraxiques.

Gestes des yeux

Lire des mots et dénombrer des quantités nécessitent l’utilisation de nos yeux dans une reconnaissance rapide.

Le fait de ne pas automatiser le geste des yeux conduit certains enfants dyspraxiques à penser que le nombre n’est pas quelque chose de stable et fiable (parce qu’il peut oublier un élément dans une collection ou en compter un plusieurs fois).

La dyspraxie peut également entrainer des erreurs dans les opérations (les chiffres ne sont pas alignés en colonne).

Quand on n’arrive pas à automatiser les choses, on est lent et on se fatigue plus vite que les autres… alors qu’on est intelligent. – Dr Pouhet

Comment accompagner les enfants dyspraxiques à l’école ?

En cas de dyspraxie moyenne : 

Rééducation (notamment graphique)

Adaptation et aide (ex : signifier les colonnes dans un calcul pour ne pas qu’il se trompe)

En cas de dyspraxie élevée : 

Stopper les choses difficiles pour permettre à l’enfant d’exprimer son potentiel et son intelligence.

La rééducation et l’adaptation ne suffisent pas, il faut contourner le problème car l’enfant en double tâche souffre de fatigue et de lenteur (ex : calculer avec une calculette; écrire avec un ordinateur).

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Alain Pouhet est l’auteur d’un ouvrage chez Tom Pousse Editions : Questions sur les Dys- : Des réponses (pour tordre le coup aux préjugés sur les enfants porteurs de troubles dys).

Après avoir brièvement présenté les pathologies dys-, cet ouvrage aborde des questionnements récurrents et des “lieux communs” sur ces troubles mal ou insuffisamment connus des parents, des enseignants et des rééducateurs. Ils génèrent pourtant de nombreuses situations de handicap scolaire.

Les troubles spécifiques des apprentissages, les dys-, sont liés à des troubles cognitifs spécifiques. En d’autres termes, ce sont des “pannes cérébrales” à l’origine de “pannes dans les apprentissages”, alors que l’élève est normalement intelligent.

C’est pourquoi la compréhension de ces troubles est capitale pour éviter absolument que la non-réponse, des réponses insuffisantes ou inappropriées, des réponses liées aux croyances et aux idées reçues des aidants, ne sapent la confiance en soi de l’enfant et ruinent les espoirs de réussite scolaire.

Viser le succès avec les dys- c’est d’abord torde le cou aux idées reçues, encore trop répandues afin d’avancer ensemble vers un consensus permettant de repenser l’accompagnement tout au long de la scolarité. Permettre aux élèves dys- de poursuivre leurs études dans les meilleures conditions, c’est aussi lutter contre l’exclusion.

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