La discipline positive en classe : poser des questions et impliquer les élèves pour susciter la coopération

La discipline positive en classe : poser des questions et impliquer les élèves pour susciter la coopération

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Il nous arrive bien souvent d’expliquer à nos élèves ce qui s’est passé, le pourquoi du comment, ce qu’ils devraient ressentir et ce qu’ils devraient faire. Nous oublions ainsi de leur demander tout simplement  :   Que s’est-il passé  ? Comment te sens-tu  ? Selon toi, pourquoi est-ce arrivé  ? Et les autres comment étaient-ils impliqués  ? Quelles sont tes idées pour résoudre ce problème  ? – Jane Nelsen (La discipline positive en classe)

Jane Nelsen, conceptrice de la notion de discipline positive, écrit qu’iI existe de multiples façons de poser des questions de curiosité aux enfants et adolescents. A chaque enseignant.e de choisir les siennes en fonction de sa personnalité et de la situation qu’il ou elle rencontre avec les élèves.

Dans son livre La discipline positive en classe, Jane Nelsen livre le témoignage d’une enseignante en  classe de quatrième et qui avait envie de ré-agencer sa classe. Elle leur demanda à ses élèves : «  Quelles sont vos idées pour réarranger la classe de telle sorte que nous puissions tous nous voir  ?  » Cinq ou six élèves firent des suggestions, et le reste de la classe vota pour l’une d’entre elles.

Bien que cette manière d’impliquer les élèves prit plus de temps que d’habitude pour faire le plan de classe, les jeunes eurent l’occasion de réfléchir de façon indépendante et de s’impliquer dans la construction de leur cadre, favorisant une ambiance de classe positive et coopérative.

Ainsi, les enseignant.e.s peuvent prendre conscience que cela vaut la peine d’utiliser des questions plutôt que de donner des directives ou punir. Les élèves se montrent plus engagés dans leurs apprentissages et plus coopératifs.

Les questions de curiosité contrairement aux ordres stimulent le discernement, la capacité à explorer les conséquences de ses choix, et le sens des responsabilités. Une occasion pour les élèves de s’apercevoir que les erreurs sont des occasions d’apprentissage. Les questions de curiosité apprennent aux jeunes non pas ce qu’il faut penser mais comment penser, ce qui s’avère utile dans une société où la pression des pairs, les groupes d’influence et les clans sont présents. – Jane Nelsen

À chaque fois qu’un.e enseignant.e est tenté.e d’apporter une réponse toute faite, il ou elle peut suspendre son élan et choisir de poser plutôt une question. Le plus souvent, le questionnement respectueux suscite la coopération.

Trop souvent, les adultes tentent de faire passer à tout prix certaines notions en donnant des cours magistraux, puis s’étonnent du manque d’attention et de motivation à apprendre de leurs élèves. – Jane Nelsen

Jane Nelsen propose une application de l’utilisation des questions ouvertes au problème des devoirs non rendus en classe.

Au lieu de punir ou menacer, les enseignant.e.s peuvent poser des questions du type «  Qu’est-ce que…  ?  » et «  Comment…  ?  ».

Nelsen propose les exemples suivants  :

  • J’ai remarqué que tu n’avais pas rendu ton devoir, que s’est-il passé  ? (Écouter)
  • Qu’est-ce qui t’a empêché de rendre ton devoir  ? (Écouter)
  • Qu’est-ce que cela génère chez toi  ? Comment te sens-tu  ? (Écouter)
  • Quels effets penses-tu que ceci puisse avoir sur les autres élèves  ? (Écouter)
  • Qu’est-ce que tu apprends de cette expérience  ? (Écouter)
  • Comment vas-tu t’y prendre pour résoudre ce problème  ?
  • Ou bien  : Quelles sont tes idées pour empêcher que cela se reproduise à l’avenir  ? (Écouter)
  • Comment puis-je t’aider  ? (Écouter)

Il est possible que les élèves commencent par répondre  : «  Je ne sais pas  », parce qu’ils n’ont pas appris à identifier et reconnaître leur responsabilité. Jane Nelsen propose une façon de passer au-delà de cette résistance en disant  : «  J’ai confiance en toi, je sais que tu peux trouver des réponses. Je reviens d’ici dix minutes (ou demain matin).  » Fixer un délai précis et le respecter contribuent à l’efficacité de l’intervention.

Cependant, Jane Nelsen avertit que, quand un.e enseignant.e choisit d’utiliser des questions de curiosité, il est essentiel d’avoir une réelle curiosité au sujet de ce que l’élève pense et ressent  ; d’avoir envie de l’aider à apprendre à réfléchir et à résoudre les problèmes par lui-même. Ainsi, la réponse d’un élève ne devrait pas entraîner de sermon ou de long discours.

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Source : La Discipline positive dans la classe de Jane Nelsen et Lynn Lott (éditions Le Toucan). Disponible en librairie, en médiathèque ou sur internet.

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1 Response

  1. 6 April 2018

    […] plusieurs possibilités pour solliciter le libre arbitre ; montrer les risques, faire découvrir les avantages de quelque […]

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