Mieux comprendre la dysphasie

Définir la dysphasie pour mieux la comprendre

Mieux comprendre la dysphasie

La dysphasie est aussi appelée trouble primaire du langage. Il s’agit d’un trouble neurologique que peut présenter un enfant avec un niveau d’intelligence dans la norme. La dysphasie se caractérise par des difficultés persistantes à s’exprimer et à comprendre. Le problème ne se situe pas au niveau de l’audition mais de la perception et du traitement dans le cerveau.

La dysphasie peut affecter le développement d’une ou plusieurs composantes du langage :

  • la phonologie (production des sons),
  • le lexique (dictionnaire interne),
  • la sémantique (compréhension du sens des mots et des phrases),
  • la syntaxe (formation de phrases cohérentes),
  • la morphologie (formation des mots et utilisation de préfixes et suffixes)
  • la pragmatique (pourquoi et comment nous communiquons).

Chaque personne dysphasique l’est à un niveau différent en fonction des composantes internes touchées et du degré d’atteinte.

Comprendre la dysphasie, c’est ne pas l’associer à un retard de langage. La dysphasie est un trouble qui dure toute la vie, pas un retard.  les impacts de la dysphasie sont importants sur les plans personnel, scolaire, social et professionnel.

Quels éléments peuvent inviter à consulter pour un éventuel dépistage de la dysphasie chez un enfant ?

La chaîne de la communication est perturbée à plusieurs niveaux chez un enfant dysphasique :

  • mauvaise perception des sons (certains sons ne sont pas traités et les mots ne peuvent pas être compris),
  • difficulté de compréhension (les mots se bousculent sans forcément faire sens),
  • liens entre le sens des mots difficiles (synonymes, antonymes, sens propre ou figuré…),
  • prononciation imparfaite (lettres ou sons changés lors de la prononciation),
  • difficulté d’expression (liée à une mauvaise organisation des informations dans le cerveau et à une prononciation imparfaite qui peut changer le sens des phrases).

Un enfant peut devenir frustré parce que sa bouche ne veut pas exécuter ce que commande le cerveau et parce que les informations sont mélangées dans sa tête. Il a alors du mal à communiquer et à se faire comprendre.

Certains signes faisant penser à une dysphasie peuvent être perçus par les parents assez tôt dans la vie de l’enfant (difficulté à mémoriser des mots simples, difficulté à enrichir le lexique et apprendre de nouveaux mots, communication par gestes plutôt que par mots, mécompréhension des consignes, difficultés à se faire comprendre par des inconnus, erreurs dans l’utilisation des mots, préférence pour des phrases courtes…).

Les causes de la dysphasie

La nature de la dysphasie est encore mal connue mais plusieurs hypothèses sur les causes de la dysphasie peuvent être avancées :

  • une origine génétique (la dysphasie atteint trois fois plus de garçons que de filles);
  • lésions et anomalies au niveau des aires du langage dans le cerveau (effets différents selon les aires atteintes parmi les 6 aires engagées dans le langage).

Il n’y a pas de médicament contre la dysphasie mais il existe des accompagnements par des professionnels, dans un cadre bienveillant qui permet à l’enfant de développer une meilleure image de lui-même et d’oser parler.

6 suggestions pour aider l’enfant dysphasique

  1. Utiliser des phrases courtes, simples et positives pour passer des consignes
  2. Utiliser des supports visuels (pictogrammes et/ou gestes) pour expliciter les demandes (et possibilité d’utiliser les pictogrammes pour instaurer une routine quotidienne au cours de laquelle l’enfant aura simplement à suivre l’ordre des pictos)
  3. Eviter les surcharges de stimulations dans l’environnement de l’enfant (objets, bruits de fond, trop de questions, trop d’explications…)
  4. Attendre au moins 5 secondes pour laisser l’enfant le temps de comprendre un message et d’y formuler une réponse (puis répéter si l’enfant n’a pas répondu)
  5. Reformuler dans une phrase de communication plutôt que pour reprendre l’enfant (Les adultes seront plus aidants s’ils reformulent les propos de l’enfant en lui posant des questions ou en rebondissant sur ses propos plutôt qu’en lui coupant la parole ou le reprenant avec insistance sur son erreur de prononciation.)
  6. Ajouter des informations simples aux messages de l’enfant afin d’enrichir son vocabulaire progressivement et dans des situations/interactions quotidiennes qui ont du sens pour lui

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Source : Dysphasie Québec

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