école sudbury démocratique

Sudbury : à la découverte d’une école pas du tout comme les autres (une école libre et démocratique sans programme, sans prof et sans note)

Sudbury : à la découverte d’une école pas du tout comme les autres (une école libre et démocratique sans programme, sans prof et sans note)

 

Les écoles inspirées par le modèle Sudbury sont des écoles dites libres et démocratiques sans programme, sans professeur (seulement des facilitateurs d’apprentissage) et sans note. Dans ce type d’écoles, les enfants ne sont pas regroupés par tranche d’âge mais la diversité des profils et d’âge favorise l’ouverture aux autres et le développement de chacun. Les apprentissages sont libérés des programmes et se font de manière autonome et informelle.

Chaque membre (on ne parle plus d’élève mais bel et bien d’enfants et d’adolescents) est libre de choisir ses activités sur la base de sa propre motivation, de ses besoins et intérêts du moment. Les écoles type Sudbury permettent à leurs membres de mener leurs activités à leur rythme. Elles sont dites démocratiques dans le sens où chaque membre, enfant ou adulte, est l’égal de l’autre, ayant le même pouvoir dans le fonctionnement de la structure. Les règles de fonctionnement sont établies de manière collégiale et démocratique.

Une vidéo pour comprendre le fonctionnement d’une école pas comme les autres :

Des témoignages de parents, d’enseignants et d’enfants :

On a tous cette impression que si on ne nous dit pas ce qu’il faut faire et apprendre et comment l’apprendre, alors on n’apprendra rien. Mais on apprend partout et tout le temps. On apprend plus qu’on ne le pense.

On s’est tous laissé convaincre par un mythe : le mythe est que si on va à l’école et qu’on a des bonnes notes, et puis qu’on va à l’université et qu’on a là encore des bonnes notes, on est sûr de réussir sa vie.

Les enfants et adolescents doivent trouver eux-mêmes ce qu’ils veulent faire et c’est quelque chose que personne ne peut faire à leur place.

Qu’est-ce qu’il y a de plus important qu’être soi-même ?

Les choses qui me faisaient peur au sujet de l’école au départ sont devenues les choses que je vois aujourd’hui comme d’énormes points forts.

C’est beau ce qui se passe ici.

Merci à Antoine Guenet de L’Ecole Autonome de Bruxelles pour la traduction et la publication de cette vidéo de la Sudbury Valley School.

Retrouvez les projets francophones d’écoles démocratiques sur le modèle de la Sudbury Valley School ici.

………………………………………………………………………………………………..

Pour aller plus loin dans la compréhension des apprentissages libres et autonomes tels que prônés dans les écoles démocratiques, je vous propose ces quelques ressources :

repenser enseignement mathématiques

5 grands piliers pour repenser l’enseignement des mathématiques (par un prof de maths)

Au delà de la résolution des problèmes mathématiques, apprendre aux enfants à les FORMULER

Dan Meyer est un professeur de mathématiques enseignant aux Etats Unis. Dans la vidéo ci dessous, il propose une révolution de l’enseignement des maths : au delà de la résolution des problèmes, apprendre aux enfants à les FORMULER.

5 symptômes de l’inefficacité de l’enseignement classique des mathématiques

Il part d’un constat qu’il a fait au sujet de ses élèves. Il a repéré 5 symptômes de l’inefficacité de l’enseignement classique des mathématiques :

1. Le manque d’initiative

2. Le manque de persévérance

3. Le manque de mémoire

4. L’aversion pour les problèmes et les énoncés écrits

5. La recherche désespérée de la bonne formule à copier coller pour résoudre des problèmes asbtraits et sans sens

 

Dan Meyer propose de réduire les énoncés des problèmes à quelques mots, sans données concrètes. Les enfants devront alors chercher eux-mêmes de quelles informations ils ont besoin pour résoudre le problème qui se pose à eux. Dan Meyer propose également de poser des “vrais problèmes” (et pas seulement des problèmes sur le papier) : manipuler, agir, regarder, donner du sens, faire des hypothèses, discuter, confronter les idées, tester, vérifier.

5 grands piliers pour repenser l’enseignement des mathématiques

Les propositions de Dan Meyer reposent sur 5 grands piliers :

1. Utiliser les médias pour passer de l’abstrait au concret (photos, vidéos, caméra)

Pour des problèmes de remplissage de récipients, il apporte le récipient et le remplit réellement d’eau. Il filme le temps de remplissage, demande aux étudiants d’émettre des hypothèses sur le temps que cela va prendre, puis de vérifier. De quelles informations a-t-on besoin ? Où les trouver ? Comment ?

 

2. Encourager l’intuition des enfants

Cela peut passer par la manipulation, le jeu, le fait de rendre indispensable la résolution du problème pour améliorer le quotidien.

 

3. Poser les questions les plus courtes possibles

Moins les enfants ont d’informations, plus des questions spécifiques et pertinentes peuvent émerger.

 

4. Laisser les enfants construire le problème

Ce sont les enfants qui formulent le problème, ils ne se contentent pas de le résoudre.

 

5. Aider les enfants un peu moins

Laisser les enfants réfléchir, chercher, se tromper, ajuster pour lutter contre ce que Dan Meyer appelle “une impatience face à la complexité”.

 

Les maths donnent du sens au monde. Les maths sont le vocabulaire de l’intuition. Nous avons besoin de gens pour résoudre les problèmes. – Dan Meyer

transition pédagogique ferme des enfants

L’exemple d’une transition pédagogique (La Ferme des Enfants) : de l’enfant adapté à l’enfant réalisé (des peurs de l’adulte à la confiance en l’enfant)

L’apprentissage obligatoire est-il favorable au développement de l’enfant ?

Oser interroger la sacro-sainte obligation d’instruction soulève bien des questions et… des peurs ! La Ferme aux Enfants a récemment revu son organisation pour répondre au mieux à son objectif : une école à la hauteur des enjeux d’aujourd’hui, une école qui sert véritablement la vie, et permet aux enfants de rester enthousiastes, d’épanouir leur potentiel, leur force, leur intégrité, leur singularité, leur créativité, leur affectivité.

L’équipe éducative de La Ferme aux Enfants a été conduite à remettre en question son modèle suite à plusieurs rencontres (André Stern, Clara Bellar, l’équipe de l’Ecole Dynamique).

La Ferme aux Enfants accueille des enfants de la maternelle au collège pour construire l’avenir dans le respect de la vie. L’équipe s’est constituée au fil du temps autour de la directrice et fondatrice Sophie Bouquet-Rabhi. L’approche adoptée par l’équipe était jusqu’à récemment orientée vers les pédagogies dites actives (principalement d’inspiration Montessori et Freinet).

transition pédagogique ferme des enfants

Les constats de l’équipe éducative de la Ferme des Enfants

1.Un combat contre l’enfant

De nombreux problèmes rencontrés à La Ferme des Enfants tiennent à l’existence d’un combat contre les énergies naturelles des enfants.

2. Une double injonction inconciliable

Dire à un enfant « Sois libre, sois toi-même, fais tes choix » et en même temps « apprends ce qu’il t’est demandé d’apprendre » n’est pas tenable.

Aucun adulte ne peut se voir obligé d’apprendre le chinois, la trigonométrie ou la physiologie. Dans un état démocratique, on n’obligera jamais un adulte à connaître par coeur la constitution européenne, ou l’histoire complète des religions, comprenant la liste des personnages et dates significatives.

Cette obligation serait vécue comme une forme de maltraitance, d’endoctrinement ou de totalitarisme. Chacun tient à sa liberté, et possède le droit d’avoir les centres d’intérêts qu’il veut.

Comme le châtiment corporel, l’obligation d’apprendre « pour le bien d’autrui » est donc une maltraitance, reconnue dans le monde des adultes mais niée dans celui des enfants.

3. Les apprentissages sont portés par l’adulte

L’enseignant adapte, réadapte et réadapte encore ses propositions, au sacrifice de ses week-ends de repos.

Il se questionne sans cesse. Il brasse des quantités de matériels pédagogiques, innove de septembre à juin et cherche, semaine après semaine, les astuces amusantes qui permettront à l’enfant d’adhérer aussi volontiers que possible aux apprentissages imposés.

Bref : il est dans la stratégie, pour ne plus être dans la violence de l’obligation, des notations, des injonctions, de la discipline,du non-choix, du gavage scolaire insipide…

4. La nature de l’apprentissage

L’enfant vient au monde apprenant.

Lorsque nous nous demandons quelles sont les circonstances dans lesquelles nous apprenons « le mieux », nous constatons que c’est invariablement quand nous sommes intéressés, passionnés, disponibles, quand nous avons un objectif personnel à atteindre ou encore parce que l’apprentissage en question est induit par des circonstances et se fait de manière inconsciente, par immersion.

C’est ce que nous appelons l’apprentissage informel ou l’apprentissage autonome. Comment se fait-il que les écoles démocratiques comme Sudbury ou Summerhill rendent les enfants heureux en même temps qu’elles leur permettent d’accéder aux apprentissages fondamentaux sans souffrance ?

Le cerveau de l’enfant est adapté pour répondre à des besoins et problématiques réelles. Pouvoir lire les informations écrites partout dans notre monde est un besoin réel et sérieux, qu’aucun enfant normalement constitué ne néglige, consciemment ou pas. Quelle importance d’apprendre à 5 ans ou à 13 ans ?

A quoi cela me sert d’apprendre des choses dont je pourrais avoir besoin, par anticipation ? Mon cerveau ne va pas s’évaporer ! Il est disponible, et ses capacités sont là. Le jour où j’ai besoin d’un savoir, je l’apprends, c’est tout. – Lucas (13 ans)

 

Les changements adoptés par la Ferme des Enfants

Honorer vraiment l’apprentissage par la qualité de l’environnement naturel, matériel et humain autour des enfants

  • Le développement d’un espace extérieur libre dans la maternelle
  • Plus de sorties et de découvertes accompagnées hors de l’enceinte de la maternelle.
  • Cours non obligatoires au collège

Au plus les exigences diminuent, au plus les collégiens s’investissent en profondeur et de manière assumée dans ce qu’ils ont choisi de faire. – Sophie Rabhi

 

Organiser l’école et le collège comme une vaste ambiance Montessori

  • Mettre autour de l’enfant un environnement adapté à ses besoins pour qu’il y réponde par lui-même :
    1. L’apprentissage libre dans un environnement préparé
    2. La vie démocratique (dont tous les participants seraient des « membres », comme dans une organisation associative)
    3. L’accueil de membres de plus de 15 ans (dans un premier temps, la possibilité pour les 3èmes de poursuivre à La Ferme des Enfants, ou pour les anciens élèves d’y revenir)

 

  • Un environnement préparé avec des lieux dédiés tous niveaux confondus :
    1. un espace langages (français et langues)
    2. un espace mathématique et scientifique
    3. un lieu multimédia / médiathèque
    4. un espace art et créativité
    5. un atelier de bricolage
    6. un espace musique
    7. un espace calme (détente, relaxation…)
    8. des espaces de convivialité à l’intérieur et à l’extérieur
    9. la ferme et le jardin, à développer toujours plus
    10. l’accès aux activités professionnelles (chèvres, boulangerie, savonnerie,
      chantiers du moment…)
    11. la coopérative d’activités développée par les collégiens (Guinguette,
      élevage, jardin, achat-revente de livres d’occasion et toute autre initiative à venir…)
    12. la multiplication des sorties vers le monde extérieur

 

Une vie démocratique structurée et structurante

  • une Charte Commune (personnalisée) de citoyen, impliquant une formation préalable aux compétences relationnelles et organisationnelles du lieu (langue girafe – communication non violente -, compréhension de la gouvernance en vigueur, connaissance des règles…)
  • un Conseil d’école, organe de gouvernance de l’ensemble de l’organisation et qui rassemble tous les membres
  • un Conseil de Paix pour gérer les différents
  • des Cartes Rôles, correspondant à des compétences et ressources spécifiques avec formation préalable (médiateur, animateur, facilitateur, etc)

 

Un accompagnement bienveillant et consistant

  • Les adultes encadrants s’engagent dans un travail de clarification entre ce qui appartient à leur histoire et ce qui appartient à la réalité d’ici et maintenant (travail sur l’enfant intérieur, sur les blessures émotionnelles du passé)
  • Les adultes assurent un environnement sécurisant, un repère fiable, constant et cohérent, qui ait tout à la fois du répondant et de l’empathie (cadre bienveillant)

Les adultes doivent être d’autant plus solides que la liberté est grande. – Sophie Rabhi

 

La fin des apprentissages obligatoires et systématiques, pour apprendre mieux

  • Renoncer aux attentes à court, moyen ou long terme, la seule vigilance étant de s’assurer que l’enfant est heureux et épanoui dans ce qu’il vit.

Cesser d’attendre des résultats de nos enfants est un véritable changement de paradigme qui nous invite à travailler sur nos peurs, sur notre volonté de maîtriser ou contrôler le vivant, pour nous ouvrir sur la richesse de la confiance. – Sophie Rabhi

Accompagner cette pédagogie scientifiquement

  • Suivi des résultats par un comité scientifique composé de spécialistes en pédagogie, de médecins (neurosciences) et de chercheurs

 

Des pédagogies actives… à pas de pédagogie : la suite logique d’une expérience vivante !

Les évolutions exposées ici ne sont que la suite logique d’une expérience vivante. Si la forme change, le fond de notre intention reste toujours le même : respecter l’enfant dans ce qu’il est afin qu’il s’accomplisse dans toutes ses dimensions, bien au-delà du cadre restrictif de ce que nous pourrions vouloir de mieux pour lui. Notre fil conducteur, la bienveillance, reste au cœur de notre démarche. – Sophie Rabhi

 

Source : La Ferme Des Enfants en transition

 

bénéfices conte oralité

Les bénéfices de la pratique du conte et de l’oralité (à l’école ou à la maison)

Le conte et l’oralité comme outils d’éducation et de lien social (l’approche de Suzy Platiel)

Présentation de l’approche de Suzy Platiel

J’ai eu la chance d’assister à une conférence participative la semaine dernière autour du conte comme outil d’éducation et de lien social, basée sur les travaux de Suzy Platiel, ethnolinguiste africaniste, chercheure au CNRS.

Suzy Platiel a initié une réflexion sur les fondements et les conséquences des divers modes de communication directs et indirects ainsi que sur la structuration actuelle de la pensée individuelle et sociale des enfants et des adolescents. Cette réflexion se fixe pour objectif de proposer des actions et des outils pertinents permettant d’utiliser de façon claire l’oralité et le conte de la maternelle au collège, tout en respectant les programmes et les orientations officielles de l’Education Nationale.

Après des années d’observation et d’études de sociétés à tradition orale (en particulier les Sanan du Burkina Faso), Suzy Platiel propose de (ré)instaurer le conte oral à l’école et à la maison pour lutter contre l’échec scolaire, l‘incapacité de s’exprimer et le recours à la violence qui en découle.

Pour elle, la maîtrise du langage oral et corporel est essentielle dans le développement de l’enfant, avant d’exiger que ce dernier lise et écrive.

 

Le conte dans les écoles : des expériences concluantes

Ainsi, elle est intervenue dans des écoles françaises dès les années 1980 pour animer “l’heure du conte“. Tous les enfants et le (ou les) adulte(s) sont assis en rond et sont invités à écouter et/ou raconter des contes à l’oral, sans supports écrits (livre ou autre).

La participation est libre (les enfants qui ne le souhaitent pas ne sont pas obligés d’y assister et l’adulte peut décider de ne pas revenir la semaine suivante s’il n’y prend pas de plaisir) et la parole circule. Les enfants peuvent raconter des histoires s’ils le souhaitent mais là encore n’y sont pas obligés. Les histoires racontées ne sont pas inventés mais sont issues d’un patrimoine culturel commun (les conteurs, adultes et enfants, ne racontent pas leur propres histoires mais sont des “passeurs”).

Des enseignants (de tous les degrés : maternelle, primaire, collège, lycée) qui mettent en pratique l’heure du conte, témoignent que, pour leurs élèves, se mettre à raconter à leur tour, c’est partager, établir une relation avec l’autre, transmettre, tout en développant leur capacité d’écoute et de concentration et en apprenant un mode de raisonnement logique.

Ainsi, une des personnes animant la conférence participative a expliqué qu’elle pratiquait l’heure du conte avec des élèves de 16 à 18 ans en lycée professionnel et qu’ils s’y sont montrés très réceptifs. Lors de la première séance, elle leur a raconté l’histoire de la petite poule rousse.  Dans ce classique, une poule rousse va devoir semer, récolter, moudre son blé et préparer sa farine toute seule car personne ne veut l’aider… sauf au moment de manger les fruits de la récolte ! En général, les enfants (et adolescents) se lancent dans la narration au bout de la 5ème séance.

 

Les bénéfices de la pratique du conte et de l’oralité (à l’école ou à la maison)

Chez les Sanan du Burkina faso, Suzy Platiel a constaté que le conte a une double fonction à travers la maîtrise de la parole orale :

  1. s’affirmer comme un individu;
  2. trouver sa place dans le groupe.

 

Dans nos sociétés occidentales modernes, le conte et l’oralité présentent de nombreux atouts comme outil d’éducation et de lien social :

  • la compréhension profonde de la structure cause/conséquence

A travers l’écoute et la narration de conte, les enfants sont exposés à des situations dans lesquelles les causes ont toujours des conséquences. Cette compréhension profonde de la structure cause/conséquence favorise le développement du sens de la responsabilité individuelle (assumer les conséquences de ses actes) et la pensée (réfléchir avant d’agir).

 

  • la formation de l’esprit

La formation de l’esprit se fait de façon inconsciente et implicite. Dans l’approche présentée par Suzy Platiel, il n’y a pas d’explication de texte, de morale ou de questions posées aux enfants pour savoir ce qu’ils ont compris du conte.

Le travail se fait à la fois en amont (dans le choix des histoires à raconter selon le message que l’on veut faire passer et les valeurs à mettre en avant) et en aval (de manière individuelle au cours de la maturation inconsciente et, comme la narration se fait en groupe, les enfants peuvent être amenés à discuter entre eux des contes, de ce qu’ils en ont compris et retenu). Le conte participe à la formation de l’identité des enfants.

 

  • l’entrainement de la capacité d’évocation

Comme il n’y a pas de support ni d’image, les enfants sont amenés à imaginer leurs propres illustrations mentales et à évoquer dans leurs têtes ce qu’ils entendent (à la manière d’image, de sons, de films, d’odeurs, de mouvements…).

Cette capacité d’évocation est un préalable à la lecture et à l’écriture.

 

  • le développement du lexique et du vocabulaire

Plusieurs linguistes, dont Alain Bentolila, estiment que le fait de ne pas pouvoir mettre en mots sa pensée pour l’autre conduit à des passages à l’acte violents. Alain Bentolila explique la violence des jeunes de quartiers sensibles par leur incapacité à transformer pacifiquement le monde et les autres par la force des mots. Il emploie le terme de « langue illettrée » : moins une personne a de mots à sa disposition, plus elle risque de parler par l’action et la violence.

 La vraie violence se nourrit de l’impossibilité à convaincre, de l’impossibilité d’expliquer. La vraie violence est muette.

En ce sens, réhabiliter le conte oral à l’école peut participer à la non violence.

 

  • la distance par rapport à la fiction

L’utilisation du passé simple facilite cette distanciation par rapport à la fiction.

 

  • l’attention et de la concentration

Les enfants (et les adultes) ont le droit de quitter le cercle de conte mais jamais pendant qu’un conteur est en train de parler.

 

  • l’apprentissage des relations interpersonnelles

A travers le conte et l’oralité, cet apprentissages des relations interpersonnelles se fait à plusieurs niveaux :

  • en tant que conteur

Le conteur est amené à prendre en compte les réactions de son auditoire et à apprendre le langage corporel : les réactions sont-elles négatives ou positives ? est-ce que le “public” s’agite ? rit ? s’ennuie ? quels messages non verbaux et corporels les auditeurs envoient-ils ? est-ce que je dois ralentir ou plutôt accélérer ?

Par ailleurs, les auditeurs peuvent intervenir au cours de la narration : poser des questions, faire des rectifications dans le récit ou ajouter des détails, aider un conteur qui a perdu le fil de son histoire… C’est ainsi que se posent les bases de la coopération.

  • en tant que “conté”

Les personnes qui écoutent apprennent l’écoute réellement attentive et le respect de l’autre. Par ailleurs, il y a pluralité des points de vue, invitant à un échange post narration sur les différentes interprétations d’une même histoire.

 

  • la progression en intelligence émotionnelle

Les contes narrés à l’oral amène à porter une attention particulière aux émotions :

  • dans le contenu même des récits (la peur, la joie, le courage…)
  • dans le partage de ce que chacun a ressenti
  • dans le fait de conter en ajustant le rythme de la narration en fonction de la communication directe du public (la communication non verbale représentant 80% de la communication)

 

On le voit donc : le conte et l’oralité sont des vecteurs de la conscience collective et individuelle pour des êtres humains accomplis et un lien social fort.

 

Comment utiliser le conte et l’oralité en pratique ?

Comment se préparer (en tant que parent et/ou enseignant) ? 

On a intérêt à ritualiser un moment du conte en classe. A la maison, on peut également instaurer des rituels et en parallèle, narrer des contes à l’oral sans besoin de rituels (durant les trajets en voiture par exemple).

On pourra lire des contes de manière individuelle en amont pour se nourrir et avoir une “boîte à outils” à disposition en mémoire. L’idée n’est pas de connaître les contes par coeur mais d’en connaître la structure (personnages, situation problématique, enchaînements, éléments clés, situation finale). Cette structure est importante et doit être solide. Quand on sera en forme, on ajoutera plus de détails, on y mettra plus de vie et d’entrain; quand on sera fatigué, on s’en tiendra peut-être à une version plus minimaliste.

On pourra s’enregistrer en le disant sans support avant de le raconter à l’oral en public. On se réécoutera pour voir les points forts et les axes de progrès. On pourra également s’entraîner entre adultes ou se raconter le conte à soi-même régulièrement.

 

Que faire si un enfant décroche ?

Si un enfant décroche, plusieurs pistes s’offrent à nous :

  • l’impliquer dans l’histoire (par exemple : qu’est-ce que tu mettrais dans la soupe toi ?),
  • raconter des histoires plus courtes, voire des comptines ou des jeux de mains pour donner un rythme à la séance de conte,
  • inviter l’enfant à continuer l’histoire ou à raconter lui même un conte.

 

Quels supports ?

Les contes narrés à l’oral peuvent provenir de toutes sortes de sources (pays, régions, continents, mythologie…).

On pourra choisir des contes en fonction des messages qu’on veut faire passer aux enfants. Ainsi, on peut raconter l’histoire des Bons Amis (un conte sur la générosité dans laquelle un lapin amène une carotte au cheval qui lui même l’amène au mouton etc…) puis enchaîner avec l’histoire de la Moufle (des animaux trouvent refuge dans une moufle et accueillent tant d’animaux que la moufle explose, mettant tous les animaux dehors au froid). On ne fera pas remarquer aux enfants que la générosité, c’est bien comme dans Les Bons Amis mais que cela peut se retourner contre nous comme dans La Moufle. Le cheminement intellectuel se fera de manière inconsciente et implicite.

On pourra donc piocher des contes chez les frères Grimm, dans les histoires du Père Castor, dans des recueils de contes africains, orientaux, nordiques ou encore océaniques.

………………………………………………………………………………………………………………..

Suzy Platiel a elle-même écrit un recueil de contes issus de la culture des Sanan.

contes-suzy-platielAu pays sàn, pour qu’un conte soit bon, il faut qu’il ait bien mûri. Et, à n’en pas douter, il y a beaucoup de soleil, car les contes que Suzy Platiel y a récoltés sont vraiment délicieux.

Des contes sànan, il y en a pour tous les goûts : des drôles, des tristes, des longs et des courts, des poétiques et des un peu crus, mais, dans tous ou presque, on aime à se moquer des parents trop sévères, des animaux trop naïfs, des Blancs trop violents, des amoureux trop amoureux, d’un imbécile qui organise un concours de mensonges, et des génies malfaisants.

Il faut dire qu’au pays sàn il se passe des choses vraiment surprenantes. Un bébé sort du ventre de sa mère pour l’aider à charger son bois, une jeune fille a beaucoup de mal à garder ses seins, une autre ressuscite son fiancé avec une queue de serpent, un chiot veille sur la santé de son maître mieux que ne le ferait sa mère…

comment-mandala-aident-apprendre

Comment les mandalas peuvent-ils aider à apprendre (stress, concentration, relaxation) ?

Qu’est-ce qu’un mandala ?

Les mandalas sont composés de différents motifs graphiques organisés autour d’un cercle. Le mot mandala signifie littéralement « concentration ».  Ils sont présents dans toutes les civilisations (sous formes de rosaces dans nos églises par exemple) mais sont surtout utilisés dans les traditions bouddhistes et hindouistes comme outil d’introspection, de relaxation et de ressourcement.

A la maison, nous nous amusons à colorier des modèles ou à créer nos propres mandalas, que ce soit sur papier, avec des éléments naturels ou encore avec des jeux de construction :).

mandalas maison

Comment les mandalas peuvent-ils aider à apprendre (stress, concentration, relaxation) ?

Les mandalas sont des outils souvent utilisés dans le monde de l’enseignement car ce type de dessin participe à développer :

  • la motricité fine de la main,
  • la concentration,
  • l’inspiration,
  • les choix artistiques (notamment via le choix et l’agencement des couleurs).

On peut proposer des mandalas aux enfants pour favoriser la :

  • concentration (capacité à isoler notre conscience des stimuli extérieurs) : colorier le mandala de l’extérieur vers l’intérieur,
  • attention (capacité à nous ouvrir à la réalité) : colorier du centre vers l’extérieur.

On pourra proposer des modèles de mandalas adaptés à l’âge et à la dextérité des enfants (plus l’enfant est petit, plus les motifs seront gros pour faciliter le coloriage).

mandalas coloriés

Voici plusieurs livrets qui proposent des mandalas à tout âge (il existe par ailleurs de nombreux modèles à imprimer gratuitement sur le Web) :

Pour les enfants

Mini mandalas pour enfants (pour les jeunes enfants) – moins de 5 €

mini mandala
Mandalas à colorier : A partir de 8 ans – moins de 6€

mandalas à colorier enfants

Pour les plus grands

Mandalas : Triangles d’harmonie (pour les adultes)

mandalas à colorier
Art-thérapie : 100 mandalas anti-stress (pour les adultes)

mandalas

 

 

 

Enregistrer

reviser-efficacement

Les conseils d’une orthophoniste pour rester concentré et réviser efficacement

Les conseils d’une orthophoniste pour rester concentré et réviser efficacement

Merci à Deviens Orthophoniste pour ses astuces (et sur Facebook)

Les liens mentionnés dans la vidéo  :

 

Pour aller plus loin :

 

5 outils positifs et bienveillants pour la classe (les ressources d’une enseignante en collège)

La bienveillance à l’école ? C’est déjà en cours ! (l’exemple d’une enseignante dans le public qui partage ses outils)

Joëlle Sam-Caw-Frève est professeur de mathématiques dans un collège public difficile de La Réunion. Elle partage dans cette vidéo sa vision d’une éducation positive et partage ses outils pour faire entrer la bienveillance à l’école.

5 outils positifs et bienveillants pour la classe (les ressources d’une enseignante en collège)

1. La connaissance de soi

  • Nos émotions

Quand on est soumis au stress, on a tendance à confondre les émotions, à mélanger causes et conséquences, à ne pas faire preuve de logique. Il est important de connaître et reconnaître nos émotions.

>>> Des ressources pour la mise en pratique :

7 étapes pour apprendre à reconnaître ses émotions : un atout pour la vie

10 outils pour accompagner les enfants dans la découverte des émotions

 

  • Nos profils d’apprentissages

Comment fait-on pour apprendre ? Comment apprend-t-on le plus facilement ?

Quels sont mes points faibles et mes points forts ?

>>> Des ressources pour la mise en pratique :

Réussir, ça s’apprend : 7 points pour accompagner efficacement les enfants dans leurs apprentissages

Comment fait-on pour apprendre ?

comment-fait-on-pour-apprendre

2. L’utilisation des outils de la culture dominante

On ne peut pas faire comme si Internet n’existait pas. Internet donne une ouverture et une connexion inouïe au monde, permet d’aborder les apprentissages différemment et peut être utilisé au service de la classe.

Internet est une source d’inspiration.

internet classe

3. La Communication Non Violente

Le processus de la CNV (Communication Non Violente) facilite l’ouverture et la communication.

Joëlle Sam-Caw-Frève utilise un outil proposé par Graines de médiateurs :

graines de médiateurs

La tortue ne cherche pas de solution et se renferme, le lion impose sa solution (frappe, menace, fait du chantage…), le caméléon privilégie la relation et préfère s’effacer.

Quant à lui, le dauphin décrit ce qu’il voit, parle de ses émotions et de ses besoins, distingue les problèmes des personnes et est disposé à trouver des solutions qui conviennent à tout le monde.

>>> Des ressources pour la mise en pratique :

La comptine quand je suis énervé : la communication non violente enseignée aux enfants

10 phrases à dire aux enfants pour encourager la résolution pacifique des conflits

Silence la violence ! : un livre pour mieux vivre ensemble et trouver des alternatives à la violence

silence-la-violence

 

4. Un cadre bienveillant et positif

cadre bienveillant école

Instaurer un cadre bienveillant et positif revient à créer une bulle de joie protectrice et créatrice d’énergie comme point de départ pour cultiver le bonheur et le partager.

Les élèves ne sont pas des bocaux à remplir mais des potentiels à révéler.

La psychologie positive est un outil utile pour cultiver le bonheur à l’école et en dehors : faire preuve de gratitude, révéler les potentiels, encourager, valoriser, cultiver l’altruisme.

gratitude enfants

Organiser des événements festifs et fédérateurs pour tous les membres de l’établissement participe à ce cadre positif car cela favorise :

  • un sentiment d’appartenance à une communauté,
  • l’impression de compter
  • la satisfaction d’avoir du pouvoir pour agir et faire la différence.

>>> Des ressources pour la mise en pratique :

L’importance d’un climat de classe positif : pourquoi ? comment ?

6 outils pour favoriser un cadre bienveillant et valorisant en classe (applicable à la maison aussi)

5 manières d’utiliser l’encouragement de façon efficace (avec la discipline positive) 

Un exemple de pleine conscience et de psychologie positive en classe : l’accueil du meilleur

 

5. Un engagement citoyen au service de la société

Joëlle Sam-Caw-Frève anime des ateliers d’engagement citoyen, ambitionnant de donner des outils aux jeunes pour leur permettre de s’impliquer dans la vie civile.

En 2015, elle devient co-fondatrice de l’ONG World Kindness France. Elle est ambassadrice de La Réunion du mouvement pour la Gentillesse et la Bienveillance.

>>> Des ressources pour la mise en pratique :

Les 7 savoirs nécessaires à l’éducation du futur (par Edgar Morin) 

Apprendre à coopérer à l’école : pourquoi ? comment ?

Enregistrer

Enregistrer

processus mentaux apprendre

2 clés pour apprendre et réussir : orienter la pensée positivement et connaître les processus mentaux efficaces

2 clés pour apprendre et réussir : orienter la pensée positivement et connaître les processus mentaux efficaces

Une maîtrise consciente des processus mentaux qui permettent de réussir dépend de notre façon d’organiser et d’orienter la pensée. Les clés pour apprendre et réussir s’articulent autour de ces deux compétences :

  • orienter la pensée positivement,
  • connaître les processus mentaux efficaces pour apprendre.

1. Orienter la pensée positivement

Poursuivre ses rêves !

  • Se reconnecter à ce qui nous fait vibrer :
    • à quel moment je ne vois pas le temps passer ? 
    • quand est-ce que je suis dans le “flow” ?
    • quand est-ce que j’ai l’impression de contribuer au monde ?
  • Trouver notre élément :
    • qu’est-ce que j’aime faire ?
    • qu’est-ce que je sais bien faire ?
    • pour quoi suis-je prêt(e) à faire des efforts, à sortir de ma zone de confort, à tenter de nouvelles expériences ?
  • Se donner les moyens de nos objectifs :
    • quelles sont les petites actions que je peux entreprendre pour me rapprocher un peu plus de mon rêve ?
    • qui est-ce que je peux solliciter ?
    • où est-ce que je peux m’exercer ?
    • quand est-ce que je peux commencer ? par quoi ? 
  • Visualiser la réalisation du rêve :
    • où je serai ?
    • avec qui ?
    • comment je me sentirai ?
    • comment sera mon quotidien ? 

 

Changer ses croyances limitantes

Nos croyances limitantes peuvent prendre plusieurs formes:

  • Je ne suis pas intelligent(e)

Le niveau d’intelligence n’est pas fixé à vie. De nouvelles connexions neuronales se créent tous les jours dans le cerveau donc nous apprenons tous les jours. Or apprendre de nouvelles choses, c’est devenir plus intelligent. Non seulement l’intelligence se développe et se travaille mais elle a également des formes multiples (« comment es-tu intelligent ? » est plus près de la réalité que « quel est ton niveau d’intelligence ?).

La vérité est que plus le cerveau est stimulé de manières différentes, plus il se développe. Beaucoup de personnes se brident elles-mêmes alors que l’intelligence se développe, se travaille et a des formes multiples.

 

  • J’ai peur d’échouer

On apprend à partir de nos erreurs. Apprendre, c’est comprendre pourquoi on se trompe. C’est parce qu’on se trompe qu’on est en train d’apprendre ! Les erreurs sont donc des leviers d’apprentissage.

 

  • Mes efforts ne servent à rien

Tout est question de temps et les apprentissages ne sont pas une course à la performance. Une manière d’encourager efficacement une personne découragée (adulte ou enfant) serait de reformuler sa phrase par : « Tu n’y arrives pas ENCORE ! ». C’est ce qu’on appelle le « growth mindset » et qu’on peut cultiver à tout âge : apprendre à parler, à penser et à se penser dans un esprit de croissance.

Les mots “bientôt”, “pas encore”, “pour le moment” ont un pouvoir presque magiques : « Tu n’y arrives pas encore« , « Tu vas bientôt y arriver », « Tu ne comprends pas pour le moment » donne de l’assurance car ils ouvrent une voie vers l’avenir.

 

  • Je serai toujours moins bon(ne) que les autres

La psychologie positive estime qu’une des sources principales des émotions désagréables est la comparaison. Si vous voulez être sûr d’être malheureux, comparez-vous tous les jours aux personnes que vous estimez avoir mieux réussi que vous.  D’autant plus que le problème ne se résout pas avec le temps : plus on réussit, plus on aura tendance à trouver des personnes auxquelles se comparer qui ont encore mieux réussi ou bien dans un autre domaine.

Etre conscient que chaque personne a un profil d’intelligence particulier sans comparaison de valeur, que chaque personne peut contribuer au monde à sa façon aide à entreprendre, à se lancer.

Il serait alors bienvenue de remplacer la concurrence  et la comparaison par le plaisir de l’effort, le plaisir d’apprendre et de progresser, le dépassement de soi, la coopération, l’inclusion, la collaboration et la solidarité.

 

  • Je ne sais pas faire

On peut apprendre à réfléchir en termes de solutions et d’acquisition de compétences : de quoi j’ai besoin pour progresser ? qui peut m’aider ? de qui je peux m’inspirer ? où trouver les ressources nécessaires ?

 

  • C’est impossible

On peut repenser la vision de l’impossible : l’impossible existe pour être remis en question, le destin de l’impossible est de devenir réalité un jour, l’impossible est temporaire.

Pour adopter cet état d’esprit optimiste, on peut :

  • S’entraîner à la créativité et au “pourquoi pas ?”
  • S’inspirer de génies créateurs, d’entrepreneurs, de scientifiques, d’hommes ou femmes politiques, de militant(e)s…
  • Parler de ses rêves le plus souvent possible et avec le plus de monde possible
  • Repenser à d’anciens impossibles (des difficultés qu’on a surmontées, des défis relevés, des peurs traversées…)

 

2. Une maîtrise consciente des processus mentaux

Apprendre à apprendre : acquérir les stratégies d’apprentissages de ceux qui réussissent & mieux se connaître

  • Acquérir les stratégies d’apprentissages de ceux qui réussissent

facteurs de succès

 

 

 

Pratiquer pour automatiser

Quand on apprend, les messages passent d’un neurone à l’autre. Plus les messages passent d’un même neurone à un autre, plus les connexions seront fortes entre ces neurones. Apprendre, c’est créer des connexions entre des neurones. Les choses deviennent plus faciles et on est capable de les faire de mieux en mieux car le chemin est « défriché », les informations passent plus rapidement d’un neurone à l’autre par ces voies de communication.

Le cerveau est comme une forêt : si on marche plusieurs fois dans le même sentier, un chemin va progressivement se créer. Dans le cerveau, il y a création de sentiers de communication entre les neurones. Ces sentiers (connexions neuronales) deviennent de plus en plus efficaces et mènent à l’automatisation des processus liés à une certaine tâche et donc à la résolution plus faciles de certains problèmes.

Quand on apprend à faire du vélo, les gestes sont d’abord conscients et nécessitent une forte concentration : pédaler, maintenir son équilibre, prendre assez de vitesse, regarder droit devant, freiner… Penser à toutes ces choses en même temps demande de gros efforts. Avec la pratique, des connexions se créent entre les neurones sollicités pour effectuer cette tâche. Les neurones ont créé des chemins pour communiquer entre eux et l’information circule de manière plus fluide.

Plus on utilise le cerveau pour créer des connexions neuronales, plus on apprend.

Il est essentiel de répéter une connaissance nouvellement acquise :

    • pour mémoriser une information, notre cerveau a besoin de trois passages au minimum,
    • pour intégrer une nouvelle habitude, il a besoin de 21 jours.

Enfin, les neuroscientifiques insistent sur le rôle joué par le sommeil dans cette phase de répétition et de consolidation. Il affirme qu’après une période d’apprentissage, une période de sommeil, même courte, améliore

  • la mémoire,
  • la généralisation,
  • la découverte de régularités.

 

Enregistrer

Enregistrer

pleine-conscience-en-classe

Pleine conscience et apprentissage font bon ménage : 4 propositions au fil de la journée en classe

Pleine conscience et apprentissage font bon ménage : 4 propositions au fil de la journée en classe

Jeanne Siaud-Facchin est psychologue clinicienne et auteure de plusieurs ouvrages sur l’apprentissage et la pleine conscience.

Elle propose plusieurs pratiques relevant de la pleine conscience facilement applicables en classe. Aucune exigence d’efficacité n’est à atteindre, ce qui compte est ce que les enfants et les adolescents vivent. En classe, ces activités peuvent être réalisées sur chaise, mais l’idéal est de s’asseoir par terre sur des coussins ou des tapis. Une disposition en cercle où chacun peut se voir transforme les liens et renforce la cohésion du groupe classe.

Proposer dans les classes des moments de pause, le matin pour commencer la journée, après la récréation pour laisser se décanter toute l’agitation, avant un cours ou un contrôle, après un conflit entre plusieurs élèves (ou entre un élève et un enseignant), voire pour remplacer les heures de colle comme dans certains lycées américains, donne aux élèves de tout âge la possibilité d’accéder à une réserve de calme, un espace de sécurité où ils pourront aller puiser de multiples ressources positives (esprit clair, stress apaisé, préoccupations mises à distance, confiance en soi…).

Voici une gamme d’activités au fil de la journée :

  • rentrer dans la classe doucement, en ralentissant l’allure et en avançant à petits pas tout en percevant chaque mouvement du corps qui se déplace;
  • s’asseoir en décomposant chaque étape puis sentir tous les points de contact du corps avec la chaise;
  • poser les mains sur le bureau, comme pour l’attraper, le serrer fort, toute l’attention centrée sur les sensations dans les mains : crispées, puis relâchées, une fois, deux fois, trois fois; ressentir et juste ressentir;
  • la respiration (“la reine de la pleine conscience” dixit Jeanne Siaud-Facchin) :
    • où est ma respiration, celle qui me fait vivre et à laquelle je prêt peu attention ?
    • est-ce que je la sens plutôt dans mon ventre qui se gonfle doucement quand l’air entre et se dégonfle tranquillement quand l’air ressort ?
    • est-ce que je peux mieux la sentir avec ma main sur mon ventre et la percevoir ma main bouger au gré de mon souffle ?
    • ou bien dans ma poitrine, qui elle aussi se soulève puis se rétracte chaque fois que je respire ?
    • et si c’était dans mon nez, ou plus exactement dans mes narines que je peux sentir l’air qui passe, qui me chatouille, qui est un peu plus frais au moment où j’inspire et un peu plus chaud au moment où j’expire ?

Avec le souffle, on peut inventer de nombreux exercices. L’essentiel est de donner des images qui permettent au enfants de mobiliser leur attention sur la sensation de leur respiration. Il ne s’agit pas de penser à son souffle mais de le ressentir :

  • la bougie sur laquelle on souffle le plus lentement possible pour ne pas l’éteindre;
  • les vagues qui vont et viennent dans la mer au rythme des inspirations et expirations;
  • le ballon qu’on gonfle puis dégonfle…

Jeanne Siaud-Facchin propose de nombreuses autres activités de pleine conscience à destination des enfants et des adolescents dans son livre Tout est là, juste là (éditions Odile Jacob). Elle y livre un programme de pleine conscience applicable en classe clé en main à partir de 8 ans.

………………………………………………………………………………..

Source : Cahiers pédagogiques (février 2016) n°527

pedagogie-positive-apprendre-autrement

La pédagogie positive : une approche tête/corps/coeur pour apprendre autrement

La pédagogie positive : une approche tête/corps/coeur pour apprendre autrement

Réflexions sur la réussite et la pression scolaire et sociale

La pression de quelle que nature qu’elle soit (scolaire, sociale, professionnelle) a toujours les mêmes conséquences :

  • une baisse de l’estime de soi
  • une dégradation de la confiance en soi
  • un manque de créativité
  • le découragement
  • la démotivation

Or on pourrait légitimement se poser la question : vaut-il mieux réussir sa vie ou réussir dans la vie ?

Réussir sa vie dépasse la question de la réussite scolaire ou professionnelle.

On pourrait donc remplacer la question “Que veux-tu faire plus tard ?” par “Qu’est-ce que tu veux être ?”. Nous existons autrement qu’à travers nos métiers, nos diplômes ou nos notes à l’école.

Cette manière de voir la vie entraîne de nouvelles questions :

  • le prix (financier, physique, psychologique) à payer pour réussir professionnellement est-il justifié ?
  • l’école et l’entreprise peuvent-elles être autre chose que des lieux de souffrance ?
  • le niveau de bonheur peut-il devenir un indicateur du niveau de réussite d’un système éducatif ?

On ne peut pas se résigner à ce que l’école soit un lieu de souffrance, de pression, de peur, ne serait-ce que pour un seul enfant.

La pédagogie positive, telle que proposée par Isabelle Pailleau et Audrey Akoun, est une alternative à la peur de l’échec, à la “constante macabre” et au stress à l’école.

Les principes de la pédagogie positive

La pédagogie positive est fondée sur une triple approche :

  • Tête : connaître ses processus mentaux et la manière dont le cerveau fonctionne
  • Corps : connaître les besoins physiologiques du corps (s’aérer, bouger, manger, dormir, utiliser le corps pour apprendre)
  • Coeur : connaître le fonctionnement et le rôle des émotions

La pédagogie positive repose sur plusieurs principes fondateurs :

  • Tu as toutes les ressources en toi pour réussir, quelles que soient les situations.
  • Il n’existe pas d’échec, il n’existe que des tentatives.
  • Tu peux faire des efforts et fournir du bon travail sans que cela soit synonyme de souffrance.

Isabelle Pailleau et Audrey Akoun estiment que la peur de l’échec, la pression, les phrases assassines n’encouragent pas à se dépasser, à donner le meilleur de soi même. Au contraire, ces éléments empêchent d’apprendre.

La pédagogie positive est un parti pris, un état d’esprit facile à mettre en place. Une fois qu’on a changé de regard sur la nature de l’enfant et sur la manière d’apprendre, le plus gros est fait :).

Les outils de la pédagogie positive

Elles proposent une boîte à outils pour faire grandir la confiance en soi des petits et des grands, pour tordre le cou à la peur d’échouer :

  • l’humour

En suivant les liens que je vous propose tout au long de cet article, vous trouverez de nombreuses ressources gratuites pour un approche bienveillante et encourageante des rapports humains et de l’enseignement.

…………………………………….

Audrey Akoun et Isabelle Pailleau sont les co-auteures de Apprendre Autrement avec la Pédagogie Positive (éditions Eyrolles).

Commander Apprendre Autrement avec la Pédagogie Positive sur Amazon.