Appliquer les neurosciences et les intelligences multiples en classe de maternelle : le témoignage d’une enseignante

Appliquer les neurosciences et les intelligences multiples en classe de maternelle : le témoignage d’une enseignante

Le témoignage d’une enseignante de maternelle qui a appliqué les neurosciences et la théorie des intelligences multiples dans sa classe.  Elle répond à questions :

  • Pourquoi avoir commencé à utiliser les neuroscience et comment ?
  • Qu’est-ce que cela a changé à votre quotidien d’enseignante ?
  • Quels sont les changement que la classe et les activités ont subis ?

Ça a vraiment changé le regard sur les enfants ! – Thérèse Subileau

3 piliers de sa pratique en classe

 

1.La neuroplasticité

Beaucoup d’élèves pensent que l’intelligence est une donnée fixée à la naissance alors qu’elle s’acquière et se développe tout au long de la vie. Les élèves les plus en difficulté ont tendance à croire que la quantité d’intelligence est fixée à la naissance : on naîtrait intelligent ou bête et rien ne peut y changer.

Or cette croyance est un non sens scientifique. La vérité est que plus le cerveau est stimulé de manières différentes, plus il se développe. Il en résulte que beaucoup d’élèves se brident eux-mêmes alors que l’intelligence se développe, se travaille et a des formes multiples. La neuroplasticité signifie qu’ à chaque instant de notre vie, le cerveau change et se reconfigure.

Apprendre, c’est créer des connexions entre des neurones. Les choses deviennent plus faciles et on est capable de les faire de mieux en mieux car le chemin est “défriché”, les informations passent plus rapidement d’un neurone à l’autre par ces voies de communication. Plus on utilise le cerveau pour créer des connexions neuronales, plus on apprend.

Carol Dweck, psychologue américaine et auteure de Une nouvelle psychologie de la réussite, a fait une découverte :

  • un enfant qui a pour croyance que son intelligence est fixée et statique dès la naissance croit que le succès n’est qu’une question de quantité d’intelligence reçue et que, s’il échoue, c’est parce que sa “quantité” d’intelligence n’est pas suffisante. Ces enfants détestent les défis et sont mêmes découragés de réfléchir par peur de l’échec.
  • un enfant qui croit que son intelligence peut se développer par un entraînement mental et s’améliorer par ses efforts et son travail obtient de meilleurs résultats. C’est ce que Carol Dweck appelle la “mentalité de croissance” ou l’état d’esprit en développement.

Expliquer la neuroplasticité aux enfants peut les aider à développer une mentalité de croissance et faire une grande différence face à une difficulté.

Pour aller plus loin : Pourquoi est-il important d’expliquer la neuroplasticité aux enfants ?

 

2. Les intelligences multiples 

’après Howard Gardner, nous avons tous un bouquet d’intelligences. Ce bouquet contient neuf fleurs et certaines “fleurs” sont plus développées que d’autres.

  1. L’intelligence spatiale
  2. L’intelligence musicale/ rythmique
  3. L’intelligence verbale/ linguistique
  4. L’intelligence logique/ mathématique
  5. L’intelligence corporelle/ kinesthésique
  6. L’intelligence naturaliste
  7. L’intelligence inter personnelle
  8. L’intelligence intra personnelle
  9. L’intelligence existentielle (ou intelligence spirituelle/philosophique)

La théorie des intelligences multiples s’appuie sur le traitement que fait le cerveau des informations (elle relève donc du cérébral et non pas du sensoriel).

apprendre avec les intelligences multiples

Howard Gardner ne considère pas que le bouquet d’intelligences d’une personne est figé :

Je ne pense pas que regarder les intelligences comme une palette variée les fige. Je crois que toute intelligence peut être développée, si on y travaille. A l’inverse, si on arrête de regarder par exemple les chiffres, on n’a aucune chance de devenir meilleur dans ce domaine là ! La différence, c’est que dans certains domaines, un tout petit effort vous emmènera assez loin, tandis que dans d’autres domaines, il vous faut travailler très dur pour un tout petit progrès. – source

Par ailleurs, il n’y a pas de hiérarchie, seulement des différences !

Connaître ses intelligences peut permettre de mieux réussir à l’école car on sait comment apprendre efficacement. Mieux se connaître, c’est mieux exploiter son potentiel !

Cette compréhension et cette connaissance du bouquet des intelligences multiples a des bénéfices pour :

  • les élèves

Avoir conscience de son bouquet d’intelligences multiples donne aux élèves des éléments de compréhension de leur propre fonctionnement, leur facilitant les apprentissages et renforçant la confiance en leur possibilité de progrès.

  • les enseignants

Connaître le bouquet d’intelligences multiples de chaque élève facilite la mise en place de séquences et d’ateliers prenant en compte leur spécificité.

Par exemple, pour retenir une même poésie, des enfant pourront passer par une combinaison de :

  • éléments verbo-linguistiques (les mots, la langue) : copier plusieurs fois des passages difficiles, répéter mentalement ou à voix chuchotée les vers, réciter à un camarade ou à ses parents, écouter une autre personne réciter le poème (en direct ou en vidéo)…
  • éléments visuels (images, couleurs) : souligner de la même couleurs les répétitions de mots ou les rimes, mettre des flèches ou des barres pour identifier les pauses ou les enjambements, dessiner/ peindre les impressions laissées par la poésie,…
  • éléments musicaux chanter a capella, réciter sur l’air d’une musique connue, inventer une mélodie…
  • éléments interpersonnels : réciter à deux voix, échanger sur les impressions/ la compréhension du texte…
  • éléments kinesthésiques (gestes, déplacements) : jouer la poésie comme une pièce de théâtre, mimer les émotions ou sentiments évoqués avec les mains, les yeux, le corps, les intonations de la voixmettre en scène l’histoire (avec des objets, des jouets, des peluches…).

Il est possible et même souhaitable d’associer plusieurs stratégies : on a tous un profil d’intelligences dominantes mais on peut aussi apprendre à utiliser les autres. L’idée essentielle est d’augmenter ce qui se passe dans la tête, d’élargir les possibilités évocatives. Plus un enfant a d’outils à sa disposition, plus il a de chances d’arriver à son but. Par ailleurs, les intelligences ne sont pas figées : le contexte influence beaucoup le profil d’intelligences de l’enfant.

Pour aller plus loin : Apprendre avec les intelligences multiples : pourquoi ? comment ? quel intérêt ?

 

3.Les émotions 

Les émotions ont un impact sur 4 domaines qui constituent notre vie :

  • le bien-être (les émotions agréables ou désagréables ont une influence sur notre moral),
  • la santé physique (le stress, consécutif à la colère, à la tristesse ou à la peur, a des effets négatifs sur notre santé physique),
  • la performance au travail ou à l’école (certaines émotions boostent les performances, d’autres les diminuent),
  • les relations avec les autres (certaines émotions rapprochent, d’autres éloignent).

Plus un individu dispose de compétences émotionnelles, mieux il gérera ses rapports sociaux et sa réussite personnelle, tout en diminuant ses risques de stress ou de troubles psychologiques.

Pour aller plus loin : Cultiver l’intelligence émotionnelle à l’école : pourquoi ? et surtout comment ?

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Des ressources bibliographiques :

Les neurosciences au cœur de la classe de Pascale Toscani (éditions Chronique sociale)

A l’école des intelligences multiples de Bruno Hourst (éditions Hachette Education)

Les lois naturelles de l’enfant de Céline Alvarez (éditions Les arènes)

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2 Responses

  1. vb says:

    Peut-on voir quelque part tous les moments de classe dont elle parle? Merci.

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